CHRONICART "ZAZIMUT"
On n'est pas forcément immédiatement sensible aux richesses de
ce nouveau disque du pianiste Edouard Ferlet, dont une écoute distraite
laissera au seuil de son univers imaginatif: qu'est ce qu'elle dit, ZAZIMUT
? Un peu d?attention révélera néanmoins qu?il y a là plus qu?un bric-à-brac
acoustique interminable traversé de quelques moments moins étranges où le groupe
réintègre des chemin musicaux moins déconcertants. Edouard Ferlet, qui signe
dix des onze thème (l?exeption : une reprise de « All the things you are de
Jerome Kern), à passé toute sa matière première dans la plomberie sinueuse de
son incontestable fantaisie, gardant ça et là un brin de sérieux pour élaborer
les architectures sophistiquées des morceaux. Les arrangements, qui aménage
avec plus au moins (mais plus que moins) de bonheur des espaces pour l?improvisation
entre les impératifs de l?écriture, sont étonnant, tout autant que les choix
des timbres et des sonorités : on retrouve avec plaisir les scats incontrôlables
de Médéric Collignon, par ailleurs très convaincant au bugle et au cornet de
poche (il est également en charge de l?emploi des jouets sonores variés qui
ponctuent la marche) ; françois Verly abandonne la batterie pour les tablas
sur Microwave, plage sonore et musicale de neuf minutes - il n?en faut pas plus
à ces musiciens pour créer un univers? Des idées, des surprises (un ch?ur de
l?armée Rouge miniature en introduction de Babar au pays des Soviets), des propositions
multiples sous une pochette en patchwork qui colle finalement assez bien à l?ensemble,
des moments sages, aussi, où les codes reprennent le dessus (un sublime Note
line que l?on croirait écrit par Henri Texier?) : ZAZIMUT fait la part belle
aux fantaisies des 6 mùsiciens sans verser dans la lubie insolite.
Bernard Quiriny