PIANOÏD

L’homme et la machine...

Qui dicte le chemin ? 

 

Si l’on en croit Deep Blue et son combat contre Garry Kasaparov, on serait tenté de dire que mentalement, les ordinateurs contrôlent la partie. 

Si l’on en croit Terminator et son combat gagné contre le bon sens au cinéma avec ses 6 suites, on serait tenté de dire que Skynet risque de nous causer quelques souffrances. 

Musicalement, l’affaire est plus complexe. De tout temps, les procédés mécaniques ou robotiques ont été au cœur des créations, mais l’art s’appuyait dessus, quitte parfois même à détourner les avancées technologiques. 

Le piano automatique est un vestige qui interroge. Tant par le geste et la sensation de vide laissé place par un musicien absent (ce serait comme un concert d’electro avec un seul ordinateur et des jeux de lumière). 

La technologie avançant, fut crée le disklavier Yamaha. Sur le même principe mais avec des logiciels Midi, des milliers de partitions étaient intégrés. 

 

Le spectacle d’Édouard Ferlet interroge clairement le rapport que nous entretenons à ces instruments. Entouré de 2 pianos, il réagit avec l’automatique rendant la performance illogique. 

Ce n’est nullement un combat mais une conversation hors du temps avec les compositeurs convoqués : Moondog et Bach, magnifié par le jeu si particulier entre rigueur et improvisations toujours dans le ton d’Édouard Ferlet. 

 

C’est dans cette liberté et cette volonté de creuser l’inconnu que ce pianiste nous donne des grilles de lecture quant au manque de l’automate : la folie et les sorties de route.

        Jocelyn Borde

Un peu d’histoire …

En 1987, la firme japonaise Yamaha donnait une nouvelle vie aux pianos automatiques apparu il y a plus de 130 ans et invente le système Disklavier. 

Un système de piano automatisé et mécanique développé autour du langage MIDI. Ce piano nous questionne quant à la place de l’interprète sur scène par sa présence virtuelle, à la diffusion de la musique et au rapport entre l’être humain et la machine. 

 

Aujourd’hui avec Human Piano, Édouard Ferlet s’entoure de deux piano Yamaha, un Silent et un Disklavier qu’il pilote grace à une surface de contrôle midi qui va les synchroniser. Ce contrôleur agit sur des paramètres informatiques qui seront joués en acoustiques. 

 

C’est avec ce dispositif inédit qu’il nous emmène dans un univers musical personnel à la frontière entre la musique électronique, rythmée, composée, improvisée, organique et intuitive. 

 

Édouard Ferlet utilise ce nouvel instrument hybride à mi-chemin entre le synthétiseur et le piano traditionnel. Un instrument lui permettant de produire des sonorités et des modes jeux que l’homme ne pourrait pas jouer de ses mains tout en respectant une diffusion acoustique et naturelle de la musique.

 

Human Piano est-il un futur possible du récital de piano ?

• Concerts

7 JUIN 2019 Toulouse"Passe ton Bach d'abord"

14 juin 2019  Lille Piano(s) Festival

12 nov 2019 Les Rockomotives - Vendôme

option 18 juin 2020 Superspectives - Lyon